My Hair Story (part 2)

La suite de l’histoire (pour les plus courageux qui ont survécu à la partie I :p

Découverte du défrisage

A l’âge de 15 ans nous avons déménagé direction..

 

 

Carte Guadeloupe

Et c’est là que pour la première fois j’ai découvert le défrisant ! Et oui car dans mon ancienne ville il n’y avait pas de jeunes filles Noires. Une fois arrivée en Guadeloupe, au lycée, des tas de nanas me demandaient: « Mais pourquoi tu fais pas de permanente (défrisage)? » Avec leurs cheveux liiiissses et pllllaaaaquéééés, je les enviaient, moi qui pensais à l’époque qu’on ne pouvait pas plaquer les cheveux crépus..

Je voulais les cheveux comme sur la boîte de défrisant

boite défrisant

                                                                    Sauf que c’est rarement comme ça dans la réalité hein!

 

Peu de temps après mes 16 ans j’ai craqué, plus sur la pression de mes camarades de classe que de ma famille, car comme je le redis mes parents ne connaissaient que le lissage au fer.

J’ai fais mon premier défrisage chez une tantine et j’ai découvert que ça BRULLLLLLEEEE!!!!!!  Cette année là j’ai dû faire 3 ou 4 défrisages en l’espace de 2 mois car la Tantine disaient que mes cheveux prenaient difficilement le défrisage, et qu’ils étaient rebelles et durs alors elle prenait la boîte de défrisage extra-fort et le laissait poser plus de 25 minutes.  ET MON DIEU QUE MES TEMPES ONT PRIS CHER!

Une fois je lui ai dit que c’était vraiment trop douloureux et qu’il fallait qu’elle rince ça tout de suite, elle a répondu: « il faut souffrir pour être belle, tu veux pas essayer de tenir encore un peu? » Et moi dans mon ignorance j’ai essayer de « tenir »…Ouais mes tempes n’ « ont pas « tenu » elles! Mais bref..voilà ma douloureuse expérience avec le défrisage.

Application défrisage

Vers mes 17 ans j’ai décidé que je n’allais plus mettre de défrisant d’une part parce que ça me brûlait trop et que je voyais que mes cheveux étaient partis a plusieurs endroit et d’autre part parce que ça coûtait trop cher, quoi qu’on en dise ( entre 8 et 16 € la boîte). J’avais les cheveux comme rasés à l’arrière de la tête (oui le bonnet en satin je connaissais pas encore) . Alors j’ai entrepris une longue transitions parce qu’il était hors de question pour moi de couper mes « précieux ».
J’ai eu affaire une fois encore aux moqueries des camarades de classe… aux remarques désobligeantes de certains responsables du lycée  et aux remarques de la Tantine qui me demandait tout le temps si j’étais coiffée. -_-
C’est vrai qu’aux Antilles si les cheveux ne sont pas tirés, plaqués, lissés, tressés hyper serrés, et bien ça veut dire que tes cheveux ne sont pas coiffés.
Il faut dire qu’à l’époque, je n’avais aucune idée de la façon dont on s’occupait des cheveux crépus mais j’ai persisté à ne pas vouloir les redéfriser car je savais que cela ne pouvait que me porter préjudice.

La Transition

Cela a été une partie  longue et très difficile pour moi, car j’ai du me débrouiller entièrement seule. Je n’avais pas Internet et il n’y avait pas encore tous ces blogs, ces pages Facebook et ces sites de ventes de produits naturels.
Du coup, je faisais un peu au feeling passant d’un produit à l’autre avec des shampoing au Sodium Laureth Sulfate, des produits pleins de vaseline et de silicone. J’achetais beaucoup chez Activilong à l’époque. Malgré une sécheresse chronique, mes cheveux prenaient très lentement de la longueur (sauf derrière).
J’ai appris à me faire des vanilles et des tresses avec rajouts mais elle ne tenaient pas très longtemps .. mais j’ai tenu bon car en faite il y avait une logique implacable dans ma tête qui me disait que de toute manière je ne pouvais pas redéfriser vu que c’est à partir de la que mes cheveux s’étaient cassés au point que mon crâne soit visible.
Malgré tout, j’ai commencé à apprécier mes cheveux crépus, mais c’était un amour mêlé de « haine, car je maudissais le fait qu’ils soient si durs et si secs, alors que je voyais d’autres personnes aux cheveux « moins crépus »  mais non défrisés qui semblaient les avoir plus brillants et souples.

Retour en France

Juste avant mon retour en France en 2007 ma transition était achevée. Mes cheveux étaient redevenus entièrement crépus j’avais 19 ans.
Ils étaient d’une longueur que je n’avais jamais obtenue auparavant, à savoir qu’ils touchaient presque le bas de mon visage, moi qui avait toujours eu un EL (Ear length) j’étais ravie, mais pas forcément persuadée qu’ils pouvaient aller plus loin.
En arrivant en France, donc, j’ai continué mes mauvaises habitudes de coiffage, (peigne fin, calcaire, pas de nattes pour dormir, silicone , SLS etc.) mais je faisais souvent des coiffures pro et j’avais rajouté le beurre de karité pur à ma routine.

En 2009 j’ai découvert  Le forum Boucles et Cotons. Je ne suis pas restée longtemps sur ce forum, mais j’ai découvert pas mal de chose notamment  propos de la composition des produits utilisées. Je n’ai pas modifié ma routine de façon significative car je ne trouvais pas de produits adaptés et par conséquent mes cheveux étaient toujours secs et stagnaient.

Moi en mars 2009

Mes cheveux en Mars 2009

La même année je me suis aussi acheté un fer à lisser que j’ai utilisé de façon trop abusive, j’ai brûlé mes cheveux de derrière qui étaient déjà hyper fragilisés par les frottements de l’oreiller.

 

Découverte du mouvement Nappy

 

En faisant des recherches sur Internet entre 2008 et 2009 j’ai découvert sur des blog et sur Youtube, le mouvement Nappy et puis sur Doctissimo (PNM) j’ai découvert différentes lectures dont le livre de Juliette Smeralda, Peau Noire et cheveux crépus l’histoire d’une aliénation qui était souvent citées dans les blogs français.

 

  C’est à partir de là qu’on peut dire que ma passion du naturel a commencé. J’ai compris toute la profondeur  du problème qu’il y avait pour les femmes Noires du monde entier à porter leur cheveux crépus naturels. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un problème individuel mais bel et bien collectif. 
J’ai aussi commencé à prendre davantage conscience de mon propre complexe (qui est en faite le complexe d’une population entière) et à mettre des mots dessus. L’importance de ce livre a été capitale dans ma détermination à ne pas me redéfriser, il ne s’agissait pas là de revendication politique ou d’afrocentrisme, mais de reconquête d’une identité propre et de mon droit à choisir de garder mes cheveux normaux. Droit qui m’avait été enlevé vu que les cheveux lisses ont depuis l’esclavage été vu comme la seule alternative possible pour les Noirs.

Fin 2009 j’ai aussi découvert Aromazone grâce au forum Boucles et Cotons et j’ai commencé à y faire mes achats (huile de noix de coco, huile d’avocat etc.)

Mon afro  Octobre 2009

Mon afro en Octobre 2009

Il me manquait toujours pas mal de technique, puis que chaque matin je me réveillait quand même avec les cheveux compacts et il fallait passer la tête sous l’eau pour faire un afro tiré. J’ai donc pas mal abusé des afro tirés entre 2007 et 2009.

En 2010, c’était une mauvaise année pour moi j’ai pas mal abandonné mes cheveux je ne faisais plus du tout de soins et ils étaient dans un état lamentable, je mettais rajouts sur rajouts pour cacher la misère.
En gros je suis passée par mal de progressions-démotivations-regressions qui font que globalement je n’ai pas trop pris en longueur durant cette période. 

En 2011 j’ai repris en main mes cheveux, j’ai découvert la page Facebook de Natural Hair is Beautiful  qui m’a redonné envie de prendre soin de mes cheveux. 

Et puis j’ai commencé à vouloir  faire ce blog here we are! Je l’ai écrit car je n’ai jamais trouvé de témoignage de quelqu’un qui a fait son retour au naturel de manière spontanée (sans l’impulsion de quelqu’un ou d’un blog) mais qui par la suite a galéré alors que je suis sûre de ne pas être la seule.

J’espère que ce blog vous plaira et qu’il vous aidera aussi si vous avec envie de devenir naturelle, si vous l’êtes déjà ou bien si vous êtes simplement curieux. 

Bonne lecture!

 

 

3 commentaires sur My Hair Story (part 2)

  1. bonsoir NappyB

    Merci pour votre réponse. Mon entourage ? Je n’ai pas demandé leur permission. J’avais ma personnalité bien que issue de la paysannerie. N’ayant pratiquement aucun lien avec la grande ville j’étais différente des autres. « Cette différence ne m’a pas souvent facilité la vie ». Mes cheveux ? je les ai aussi défrisés, tressés, tissés, rallongés par moment… ma tête, mon âme ou mon esprit refuse de porter ces choses plus de trois jours. Je me sens belle quand je suis naturelle. Je respire mieux. C’est pour toutes ces raisons que j’ai apprécié ce que vous avez écrit sur vos cheveux. Je souhaite que beaucoup de filles aux cheveux crépus prennent la peine de lire votre témoignage très très instructif. Il faut avoir le courage de parler de soi de façon aussi franche. Je vous remercie beaucoup.

  2. Merci. Contrairement à beaucoup de femmes africaines j’ai presque toujours porté les cheveux courts afro. Mes propres cheveux sans complexe. je tourne mes cheveux dans tous les sens. Tantôt avec une raie sur le côté, une autrefois bien brossés et légèrement plaqués sur les côtés, sans utiliser du gel. je n’aime pas le gel, je le trouve pas assez bien en Afrique où il y a trop de poussière dans l’air. j’aime l’afro – Pour moi, cette coiffure donne plus de personnalité. l’afro, valorise, les accessoires de beauté…

    • Merci pour ton commentaire, je trouve cela impressionnant que certaines femmes aient pu résister toute leur vie à la pression du défrisage. Comment ton entourage a-t-il perçu ton choix?

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