My Hair Story (part1)

L’Histoire d’un complexe

Je suis une jeune femme qui a découvert et qui continue à découvrir ce que j’appelle « la magie du cheveu crépu » .

Je vais un peu (beaucoup!)  raconter mon histoire et comment j’en suis arrivée à faire ce blog. Tout a commencé…en maternelle! (bon oui ça fait loin mais c’est la vérité l’histoire commence il y a une vingtaine d’année en maternelle , accrochez vous ! ^^)

J’étais dans une école fréquentée principalement par des enfants Blancs et à l’âge de 3 -4 ans j’avais déjà une image négative des cheveux crépus. Je ne sais pas d’où cela m’est venu mais le complexe avait commencé très jeune.
Je me rappelle d’une fois où ma mère m’avait coiffée avant de partir à l’école et durant la récréation mes cheveux se sont défaits. J’avais toujours des couettes ou des nattes collées pour aller à l’école et là je me retrouvais cheveux lâchés au milieu de la cour de récréation…et j’avais honte!
J’ai demandé à une petite camarade (marocaine!) de m’aider et elle a tenté de coucher mes cheveux . Alors évidemment elle n’y arrivait pas et mes cheveux dressés ainsi sur ma tête la faisaient rire. Mais pas moi!
C’est mon premier souvenir liés à mes cheveux et c’est un souvenir négatif. Preuve que la construction de notre image (et ici de l’image négative que l’on a des cheveux crépus) se fait dès la toute petite enfance et ce, inconsciemment…

 

 

petite fille noire

 

Rôle de la mère

J’imagine , vu qu’il n’y avait pas particulièrement de Noirs dans ma ville, que ma mère a eu un effet déterminant sur ma façon d’appréhender les cheveux crépus. Dans les années 90, ma mère portait des perruques tous les jours. Ses cheveux étaient crépus sous ses perruques mais extrêmement courts alors qu’elle ne les coupait jamais, et il y avait un trou qui se formait au sommet de sa tête.
Sur ses photos de jeunesse elle me montrait ses cheveux , lissés au peigne chaud, très courts (5-6 cm). Elle me disait souvent que j’avais de beaux cheveux alors que les siens n’avaient jamais poussés. Ceci dit , même si elle me disait et répétait que j’avais de beaux cheveux, les scènes de coiffage, démêlage, elles, n’étaient pas très belles à voir. Je ne pleurais pas souvent, mais j’avais mal quand même. Une fois par semaine , après mon shampoing (à l’époque Longueurs et Pointes et DOP!!!) ma mère prenait un peigne FIN  avec un pot de vaseline ou de mousse coiffante pour cheveux Caucasiens, pour démêler mes cheveux puis me tresser. Quand elle ne me tressait pas j’avais droit à plusieurs couettes sur la tête  avec des chouchous à boules que je détestais au plus haut point! D’ailleurs ces couettes étaient beaucoup trop serrées sur les tempes (mes pauvres tempes :/   )

Les autres enfants se moquaient de moi surtout quand l’expression « avoir les boules « a commencé à être à la mode -_____-.  Mais revenons en au coiffage. Mes cheveux avaient beau être graissés le peigne faisait un horrible bruit de « scrrrrratch » en passant dans mes cheveux et ça faisait mal!! Et beaucoup de cheveux restaient sur le peigne!! Ma mère semblait s’impatienter lors du coiffage pour elle cela semblait aussi désagréable que pour moi. Elle me répétait: » tu as beaucoup de cheveux » , « ça me donne du travail », « je suis fatiguée », et elle me donnait des coups de peigne si je bougeais trop (alors que j’essayais justement de rester fixe pour que ça fasse moins mal!)

 

L’adolescence

Vers l’âge de 12 ans j’ai commencé à démêler mes cheveux moi même . C’est l’âge où j’ai commencé à avoir des pellicules également. Mes parents m’achetaient donc du Head&Shoulders (hmmm!) Inutile de dire qu’après mon shampoing il n’était pas question d’après-shampoing ou de rinçage au vinaigre de cidre! Il s’agissait plutôt d’un sèche cheveux sur air chaud (pour que ça aille plus vite).
Ensuite j’ai repris le fameux peigne à mon compte pour démêler mes cheveux  .

peigne

Alors ça c’était le « gros peigne » hein! Qui servait à démêler . D’abord je devais passer la rangée la plus large dans mes cheveux puis ensuite  la fine et si mes cheveux passaient dans la rangée fine alors ma mère considérait qu’ils étaient bien démêlés.
Quand j’ai pris le relais , j’ai compris intuitivement que mes cheveux se démêlaient mieux quand ils étaient mouillés . J’ai donc commencé à faire cela juste après le shampoing avec les cheveux dégoulinants d’eau et j’arrêté le sèche-cheveux.
J’enviais mes copines d’école, Blanches , qui avaient de longs cheveux soyeux, qui bougeaient au vent quand elle sautaient à la corde. Je mettais une serviette sur ma tête pour faire le « secouement de tête »  à la L’Oréal devant mon miroir. Je voyais bien que mes cheveux étaient très courts et rêches. Il touchaient à peine mes sourcils et le bout de mes oreilles.

Je me rappelle un jour qu’une petite Congolaise (avec des rajouts pour la première fois) m’a dit dans le car scolaire: « Moi j’ai de longs cheveux et toi tu es ridicule avec tes petits cheveux!  »  Je lui ai répondu que je savais qu’elle portait de faux cheveux et elle s’est mise à nier. Alors je n’ai pas insisté. Mais je trouvais cela ridicule de faire passer des faux cheveux pour les siens. Malgré mon complexe je n’ai jamais fait cela.

C’est à ce moment là que j’ai commencé à vouloir porter moi aussi des faux cheveux. J’accompagnais ma mère à Paris pour l’achat de ses perruques et devinez où nous allions?

 

Metro Chateau d'Eau

 

Et oui! Dans le mille!! Et les rabatteurs existaient déjà en 1995! Ils me donnaient des petits papiers avec de très jolies femmes tressées (ces petits malins ! ils savent que les enfants sont plus malléables..) et moi je m’empressais de demander à ma mère de m’emmener me faire coiffer comme sur le papier.
« 1 franc la tresse ! 1 franc la tresse! »
Dans les boutiques de Château d’eau,   j’ai découvert les paquets de mèches  (je n’avais absolument aucune idée de comment cela pouvait se fixer et ma mère  non plus d’ailleurs. Je rêvais d’avoir des mèches bouclées pour faire des anglaises comme la petite fille là:

Kids_Relaxers_Just-for-Me

 

D’ailleurs c’est là que j’ai découvert pour la première fois ces boîtes de défrisant pour enfants et je croyais qu’à l’intérieur il y avait une espèce de perruque pour ressembler à la petite fille de la photo. Ma mère ne connaissait pas non plus le contenu de ces boîtes , elle pensait à des « soins » pour les cheveux. Elle me disait que pour avoir cette coupe elle devait me « ferrer » les cheveux et que cela prendrait beaucoup de temps, et que je ne devais pas bouger etc.. bref que pour avoir de beaux cheveux c’était la mission quoi!

 

Mes premières fausses mèches

 

paquet de tissage

J’étais heureuse lorsque pour la première fois ma mère m’a acheté des mèches bouclées. C’était des mèches à tissage,  soit dit en passant. C’était à la fin de la 6 ème pour un spectacle de fin d’année. Nous avons découvert qu’il y avait une bande dans ces mèches et nous n’avions aucune idée de ce à quoi cela pouvait servir. Ma mère a entouré mes couettes avec  les bandes de tissage, et cela rendait pas mal au final. Pour la première fois je secouais la tête et les cheveux bougeaient en même temps, et pour la première fois, mes camarades de classe me disaient que j’étais jolie….
J’ai donc commencé à porter des mèches et  ma mère me faisait des tresses collées avec ces rajouts à bandes (alors oui les bandes on a fini par les couper parce que ce n’était vraiment pas pratique)

Le temps passant nous avions moins de moyens , et nous n’allions plus aussi souvent à Paris, alors comme je ne supportais pas mes vrais cheveux (je ne pouvais même pas aller chercher du pain avec mes cheveux naturels !) je réutilisais sans cesse les mêmes mèches jusqu’à usure complète et forcément c’était pas très joli… à un moment les gens, des Blancs ( vu qu’il n’y avait très peu de Noirs dans mon collège) me disaient : « Pourquoi tu ne mets pas de  longues tresses comme on voit dans les clips? Pourquoi les Noirs américaines comme Beyoncé ont des longs cheveux?  » Ah Beyoncé..j’ai découvert tard la supercherie!

Après chaque shampoing donc c’était le calvaire, je n’arrivais pas à me coiffer, je me faisais faire la même coupe toutes les semaines, je trouvais mes cheveux trop durs rèches, secs, incoiffables, trop touffus, trop courts, je voulais absolument les lisser (un jour je les ai même repassés avec un fer!!! :S). Quand j’essayais de les tresser cela faisait des cornes qui remontaient toutes seules…

D’ailleurs parallèlement à cela je me trouvais « trop noire » et je voulais éclaircir mais ça c’est une autre histoire.

 

Les produits

Nous utilisions des produits pour cheveux Caucasiens, des produits de supermarchés plein de silicone et de sodium laureth sulfate ainsi que de la vaseline pour le lissage au peigne chaud. Le Pétrol Hahn est aussi passé par là et un jour par désespoir de démêler mes cheveux j’ai passé ma tête sous l’eau et j’ai versé sur ma tête ceci:

 

huile de tournesol

 

 Et là ce fut une révélation, l’huile végétale facilite le démêlage! A l’occasion ma mère en fit également cette surprenante découverte et nous avons gardé l’huile de tournesol dans ma routine capillaire mélangée avec de l’eau (mes débuts avec l’hydratation-scellage). Le problème de mettre de l’huile de tournesol sur sa tête c’est que ça pue quoi! Et puis ce n’était pas assez « hydratant ».

 

Le démêlage

Comme déjà expliqué plus haut les séances de démêlage by my Mother , puis by Me n’étaient pas une partie de plaisir. Surtout après un bon shampoing aux SLS avec de l’eau bien calcaire comme il faut, avec un petit peigne comme il faut. Ledit peigne appartenait en faite a mon père qui est 3C /4A . Lorsqu’il voyait mes difficultés il essayait de me conseiller de tout peigner en même temps vers l’arrière pour bien démêler… ou pas -_-

 

Conclusion

Et bien en faite jusqu’à mes 15 ans j’étais naturelle mais « de force » parce que je n’avais qu’une envie c’était d’avoir les cheveux liiiiissssssses et looooooongs comme sur les catalogue de Franck Provost qui traînaient sur ma table de chevet

 PE13_Coupe-Longue_Rousse_2_z

Bref… la suite de l’histoire ici pour savoir comment j’en suis venue à me défriser puis à redevenir naturelle.

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